Christine Vadrot, écrits
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Avertissement

 

Les temps sont graves. J’accorde une importance décisive à la dramaturgie picturale :
Le temps du faire et le temps du regard. J’investis le support,
toile ou papier par des mouvements de gravité, taches, ruissellements,
projections, souffle, mais aussi par ma présence physique représentée.
Ces gestes et ces actes manifestes font exister ma peinture.
Ils sont à considérer non pas seulement pour ce qu’ils sont mais aussi
pour ce qu’ils créent de présence-absence, d’espace-temps.
Le code pictural ainsi déchargé me semble plus proche du vivant et plus humain.

Faut-il être excessif ou excédé pour être humain, pour vivre? Il faut être
plus libre, oui. La couleur coule, la peinture décide, soumise à la rotation,
au basculement, au soulèvement et aux limites que je lui impose.

« Les qualités filmiques, pelliculaires de la couleur s’installent ensuite
et peu à peu comme épaisseur, volume, espace ». Rouge. Lieu d’une révélation.

Cette couleur aura, difficile à photographier, protège, console et prend l’espace du devant. Les autres couleurs sont en retrait derrière le rouge envahissant.
Le rouge sert à gagner du temps. Avertissant, il modifie la perception,
agit contre l’abus et la consommation rapide de l’oeuvre, l’oppression du visible
et la destruction de la singularité. Je cherche à voir ce qui est et ce qui n’est pas.
Ce qui était et ce qui sera. Le champ du visible est petit, les sons ont une forme,
la pensée aussi. Mon travail s’apparente au monochrome sans en être un
et la composition de mes assemblages modulables me permet de chercher
une adéquation entre le lieu et l’œuvre.



Christine Vadrot
août 2012

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